Lou aime les gares remplies de gens.
C'est amusant comme chacun tente de lutter contre le temps.
Courir toujours plus vite pour rattraper le temps perdu, et se rendre compte, comme toujours, que le train est parti, qu'il n'a pas attendu.
Lou se dit que la vie n'attend jamais personne, et qu'il faut savoir quand sauter du wagon.
Lou s'amuse à regarder les gens parce qu'elle s'y retrouve, souvent.
Il y a ces gens qui respirent une foi sur deux, bloquent leur respiration pendant 2 secondes. Et puis, ils reprennent une bouffée d'air, juste pour sentir qu'ils sont toujours vivant.
Lou les connaît bien ces gens qui baissent leur regard devant les amoureux, qui chassent des larmes d'un revers de main. Ces gens qui ne marchent plus très droit mais qui font semblant pour qu'on les croit. Pourtant elle le sait bien qu'ils n'ont pas perdu espoir, parfois ils regardent leur téléphones, juste pour voir si jamais ... Trop souvent, ils le reposent le c½ur encore plus meurtri.
Lou reconnaît bien les c½urs brisés, parce qu'elle en fait partie, elle aussi.
Un chagrin d'amour ravage tout sur son passage, brise l'espoir, abîme le coeur, pulvérise nos rêves; mais il ne tue pas (ou presque pas).
Faut que je me rende à l'évidence, je ne suis qu'une fille parmi les autres dans son coeur.
Pourquoi ça me déçoit toujours autant de sa part ?